Déclaration
Beate Rühmkorf sur Günter Ludwig

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Statement 1
Roland Schreyer

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Roland Schreyer

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Germund Mielke

Déclaration 5
Roland Schreyer
Je sais, que je te sens

Beate Rühmkorf sur Günter Ludwig 2004

Je viens d'apprendre que Günter Ludwig se consacre actuellement aux coquelicots… Le voilà donc maintenant qui colorie des fleurs!… C'est à ne pas croire quand on connaît son travail antérieur ! En 2003, Roland Schreyer écrivait encore à son sujet: "Ce qu'il crée aujourd'hui est presque toujours sombre, souvent cru, presque rebutant"… Et pourtant, en analysant bien l'évolution de son œuvre, malgré le ton fondamentalement sombre, pessimiste des recherches techniques de ces dernières années - des premiers dessins et gravures aux moyens graphiques de l' informatique, en passant par la photo - on percevait déjà, depuis quelque temps, une émergence de la couleur.
Et en Juin 2004, apparut le Rouge du coquelicot, du coquelicot sauvage, cet océan de rouge qui lui permet d'exprimer l'Essentiel.
L'artiste semble plonger lui-même dans ce rouge des plus intenses. Ivresse de la vie retrouvée?
Sur le plan symbolique, le coquelicot est associé à la déesse Déméter, alors que le pavot, aux pétales violacés, est voué à Morphée. Déméter, déesse de la fertilité, mère nourricière, a tout pouvoir sur les cycles de la nature. Sa fille Perséphone est, elle aussi, souvent représentée tenant des fleurs de coquelicot ; la tendre jeune fille cueillant cette fleur fut enlevée par Hadès, dieu des Enfers, laissant ainsi sa mère inconsolable. Lorsque Déméter menaça de détruire toutes les moissons, Zeus persuada Hadès de laisser son épouse Perséphone vivre une partie de l'année auprès de sa mère.
Dans ce mythe ancien, la fleur allie le rouge de toute Vie (Déméter) aux tendres pétales fragiles (Perséphone) qui portent en leur centre la marque noire (Hadès). C'est là le symbole complexe qu'a trouvé l'artiste pour exprimer ce qui est neuf en lui: un sentiment plus intense de la vie, un regain de vitalité de son être.
Au printemps 2004, Günter Ludwig s'est soumis durant quelques mois à une psychothérapie qui a joué un rôle décisif pour lui, en libérant cette nouvelle forme d'expression. Il semble que son aspiration habituelle vers la Femme et ses pouvoirs érotiques le plonge désormais encore plus au cœur des mystères de la vie. Ce ne sont plus les ténèbres de son univers oppressant mais plutôt une jubilation, l'échappée vers la joie, qui s'exprime dans les pétales ouverts du coquelicot.
"Quand je dessine, dit Günter Ludwig, je SUIS le coquelicot. Il me faut un trait rapide, fort, pour fixer cette vie qui frémit en moi." Ce "trait rapide", l'artiste l'obtient grâce à l'utilisation du pastel, technique nouvelle pour lui, et, en plusieurs couches de couleurs, il atteint à cette radieuse luminosité. Le graphiste qu'il est associe alors des pétales rouges à un arrière-plan plus doux et/ou à des éléments d'écriture en filigrane, exprimant ainsi la délicatesse et la vulnérabilité du coquelicot.

Sans doute peut-on dire en conclusion que ces images de coquelicots sont le symbole d'un élan vers une vie nouvelle qu'il faut encore protéger.




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